Pour refléter le ciel dans sa totalité, ses bleus, ses gris et surtout ses noirs, pour refléter les milliards d'étoiles, les longs filets de nuages et surtout la lune, ronde et pleine, accrochée tout là-haut, qui se marre sans savoir qu'elle est belle, qui rencontre le soleil sans que nous le sachions, en secret, entre la nuit et le jour, quand personne ne regarde, je pourrais observer ce monde durant l'éternité, et m'en retirer à l'infini.
Pour couler sans cesse, courir d'un bout à l'autre de la terre, limpide, transparente, tout savoir, tout connaitre, tout remplir, tout combler, mais n'avoir ni espoirs, ni regrets, ni chagrins, ne devoir de compte à personne, pouvoir garder le silence, et vomir toute ma haine, ma bile, ma merde, sans que l'on ne l'entende.
Pour recevoir la pluie sans être mouillée, la recevoir en moi comme le lait qui me nourrit et me gonfle, et après cela, tremper dans un bleu mélancolique, me laisser caresser par le vent, qui me chatouille et m'agite quand il le veut, me prend entre ses mains, joue et danse avec moi toute la nuit, me fait rouler, me rend ronde et sensuelle, me rend ivre de sa fraicheur.
Pour savoir tout détruire dans une violence sans fin, me déchainer quand bon me semble, laisser couler ma haine si le besoin s'en fait sentir, ôter des vies, et tout ravager, venir puiser des ames jusqu'au milieu de vos terres ; mais tout en sachant aussi caresser le sable, les rochers, les galets dans une tendresse infinie, savoir prendre les hommes dans mon corps, et les bercer tout doucement.
Pour pouvoir me jeter contre une falaise sans en ressentir la douleur, n'avoir ni passé, ni futur, effacer toute trace tout en étant la cause de chacune d'entre elle, connaitre chaque bouteille jetées en moi, chaque naufragé appelant au secours, chaque bateau qui me traverse, tenir leur avenir a tous en mon sein et pouvoir décider de leur mort comme de leur vie.
Pour qu'on me dise que je suis belle, qu'on me regarde toujours, scintillante et tiède sous le soleil, les yeux plongés dans ma ligne d'horizon, c'est moi qui choisit la démarcation entre le ciel et la mer, qu'on vienne me voir et qu'on m'aime sans que je ne doive rien en retour, si ce n'est d'être là, de saler vos cheveux, de mouiller vos peau, de vous emplir avec le son de mes vagues et le blanc de mon écume.
Pour pouvoir me noyer dans la tristesse sans que personne ne puisse dire m'avoir vu pleuré, nager dans le bonheur quand bon il me semble, ne plus penser à rien, pouvoir venir mourir sur le sable et que tout le monde trouve ça beau.
Pour couler sans cesse, courir d'un bout à l'autre de la terre, limpide, transparente, tout savoir, tout connaitre, tout remplir, tout combler, mais n'avoir ni espoirs, ni regrets, ni chagrins, ne devoir de compte à personne, pouvoir garder le silence, et vomir toute ma haine, ma bile, ma merde, sans que l'on ne l'entende.
Pour recevoir la pluie sans être mouillée, la recevoir en moi comme le lait qui me nourrit et me gonfle, et après cela, tremper dans un bleu mélancolique, me laisser caresser par le vent, qui me chatouille et m'agite quand il le veut, me prend entre ses mains, joue et danse avec moi toute la nuit, me fait rouler, me rend ronde et sensuelle, me rend ivre de sa fraicheur.
Pour savoir tout détruire dans une violence sans fin, me déchainer quand bon me semble, laisser couler ma haine si le besoin s'en fait sentir, ôter des vies, et tout ravager, venir puiser des ames jusqu'au milieu de vos terres ; mais tout en sachant aussi caresser le sable, les rochers, les galets dans une tendresse infinie, savoir prendre les hommes dans mon corps, et les bercer tout doucement.
Pour pouvoir me jeter contre une falaise sans en ressentir la douleur, n'avoir ni passé, ni futur, effacer toute trace tout en étant la cause de chacune d'entre elle, connaitre chaque bouteille jetées en moi, chaque naufragé appelant au secours, chaque bateau qui me traverse, tenir leur avenir a tous en mon sein et pouvoir décider de leur mort comme de leur vie.
Pour qu'on me dise que je suis belle, qu'on me regarde toujours, scintillante et tiède sous le soleil, les yeux plongés dans ma ligne d'horizon, c'est moi qui choisit la démarcation entre le ciel et la mer, qu'on vienne me voir et qu'on m'aime sans que je ne doive rien en retour, si ce n'est d'être là, de saler vos cheveux, de mouiller vos peau, de vous emplir avec le son de mes vagues et le blanc de mon écume.
Pour pouvoir me noyer dans la tristesse sans que personne ne puisse dire m'avoir vu pleuré, nager dans le bonheur quand bon il me semble, ne plus penser à rien, pouvoir venir mourir sur le sable et que tout le monde trouve ça beau.



